Garanto s’oppose aux réductions d’effectif et de salaire

Le Parlement et le Conseil fédéral veulent faire des économies substantielles sur le personnel de la Confédération.

 

Et ce, bien que le compte d’État 2015 doive afficher un excédent de revenus de 900 millions de francs et que les prévisions conjoncturelles de l’EPFZ (KOF) soient bonnes (progression de l’économie helvétique de 1,4% en 2016 et 1,8% en 2017).

 

La pression de l’austérité budgétaire va encore augmenter après le glissement à droite enregistré au Conseil national. Garanto et les autres associations du personnel fédéral manifesteront devant le Palais fédéral, le 4 novembre 2015, contre les coupes affectant les “fédéraux“ et leurs prestations.

 

Que les politiciens de la droite dure s’en prennent aux employés de la Confédération n’est certes pas une nouveauté. Mais leurs attaques durant cette année électorale ont pris des proportions inquiétantes. En multipliant les interventions parlementaires, les apôtres du tout austéritaire de la droite bourgeoise entendent geler les dépenses de personnel au niveau de 2014, empêcher l’«hypertrophie de l’appareil d’État » ou introduire un « frein au personnel » sur le plan constitutionnel. Et enfin, il s’agit de réaliser une économie de 1,5 milliard de francs par le biais d’un examen stratégique des tâches de la Confédération.

 

En déposant ces  interventions  parmi d’autres, les politiciens bourgeois exercent de fortes pressions sur le Conseil fédéral. Et le gouvernement central de s’empresser de comprimer  les dépenses dans le domaine du personnel, bien que le Parlement n’ait encore pas pris de  décision à ce jour.

 

Les réductions de salaire touchent surtout les jeunes

Les mesures d’économie décidées le 12 août dernier par le Conseil fédéral aux dépens du personnel sont bien plus graves qu’elles ne paraissent de prime abord. L’affaiblissement radical de l’évolution du salaire et la suppression de la première prime de fidélité versée après cinq ans de service concernent en premier lieu les jeunes agents.

 

Nouveau système salarial et suppression de la rente transitoire

Dans un deuxième temps, le Conseil fédéral cible tous les employés: la nouvelle grille salariale doit se passer d’« automatisme » et d’indemnité de résidence. Mais ce n’est pas tout : à l’avenir, la Confédération ne veut plus participer au financement de la rente transitoire en cas de retraite anticipée volontaire, péjoration dont les employés d’un certain âge, avant tout, ressentiront les effets.

 

Programme de stabilisation 2017-2019 de la Confédération

Les plans de suppressions de postes au niveau fédéral et en particulier au sein de l’AFD entraînent un démantèlement draconien des prestations. La douane civile notamment, amputée de plus de 400 postes au cours des dix dernières années, n’a plus de marge pour de nouvelles coupes. Ne sont envisageables que des mesures comme la fermeture de bureaux de douane dont pâtiront directement les opérateurs économiques. Qui plus est, les volumes de travail étant en augmentation, une plus grande charge sera répartie sur un personnel moins nombreux.

 

Actions de protestation

Le Conseil fédéral a arrêté la dégradation des conditions d’engagement en l’absence de négociation avec les associations du personnel. Ce faisant, il a porté une grave atteinte au partenariat social. Contre ce passage en force et toute nouvelle détérioration relative au nouveau système salarial ou aux rentes transitoires, les associations du personnel fédéral protesteront le 4 novembre 2015 à Berne. Il s’agit de faire comprendre sans détour au Conseil fédéral et au Parlement : ça suffit ! Jusque-là, mais pas plus loin !

 

En outre, Garanto combat activement le programme de stabilisation de la Confédération. Le 29 septembre à Zurich et le 14 octobre 2015 à St-Gall, des employés de douane se sont élevés contre la fermeture de BD. Leurs actions visent à sensibiliser la population et à amener l’économie à défendre ses propres intérêts. Dès que le gouvernement central aura envoyé, fin octobre, son programme de stabilisation en consultation, Garanto reprendra position et son bâton de pèlerin auprès des associations économiques et des partis politiques contre ce projet.

 

André Eicher, secrétaire central de Garanto

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