La politique actuelle en matière de personnel de la Confédération...

09.10.2005

La politique actuelle en matière de personnel de la Confédération...

 

...nous concerne tous !

 

Le Conseil fédéral et le Parlement grattent sans cesse sur les emplois, les salaires, les rentes, le profil et l’éthique professionnels du personnel de la Confédération. Avec, au cours des deux dernières années, des mesures qui font vraiment mal : des milliers de postes sont appelés à disparaître d’ici à 2010, le système salarial en vigueur à la Confédération doit perdre toute crédibilité par le biais de réductions budgétaires au titre des salaires se chiffrant par millions, la révision totale en cours de Publica se distingue par des rentes réduites et des cotisations plus élevées, et avec la nouvelle mouture de la réforme de l’administration on veut entre autres faire un sort aux services du personnel de l’État central. Deux magistrats notamment montrent en ce moment un zèle tout particulier à remplir le mandat pour lequel la droite majoritaire sous la Coupole les a élus en décembre 2003 au Conseil fédéral : déstabiliser l’État à coup de mesures bien définies de démantèlement et déréglementation. C’est pourquoi il s’impose de résister, selon la devise : « Agir au lieu de se résigner ! »

 

 

Giordano Schera

 

Gymnastique gestionnaire- Il y a un peu plus d’un mois, le Conseil fédéral a fixé les projets de la réforme de l’administration. Cette réforme se compose de projets clés et de projets départementaux. Les seconds, au nombre de 25, sont placés sous la responsabilité des départements. Et comme si souvent au fil des vingt dernières années, au cours desquelles d’innombrables projets de réformes ont été exécutés et x-millions « offerts » à des experts extérieurs du genre Hayek ou McKinsey, cette fois aussi on fait un mauvais usage de cadres au niveau des offices fédéraux pour des projets de réorganisation : au lieu de leur permettre de travailler en fonction de leurs compétences, on les contraint de se livrer à des exercices de gymnastique gestionnaire.

 

Ce chantier se signale par le fait qu’il y va de la substance de l’administration fédérale. Deux projets clés (sur neuf au total) sont de toute première importance du point de vue de la politique en matière de personnel :


     
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la simplification et l’allégement des règlements relatifs aux affaires de personnel  et
           l’élimination des doubles emplois.

 

Ils visent notamment à examiner sous toutes les coutures les services de personnel de l’administration générale de la Confédération. Quand l’élimination des doubles emplois, par exemple, amène à s’interroger sur le droit à l’existence de l’Office fédéral du personnel (OFPER), alors nous allons au-devant de graves difficultés. Une telle « mesure » serait une catastrophe dans l’optique de la concertation sociale. Les associations du personnel fédéral devraient-elles, à l’avenir, négocier avec sept partenaires sociaux au lieu d’un seul ? Les conséquences sont dès maintenant prévisibles : notre position de négociation serait extrêmement affaiblie et l’homogénéité d’application du droit du personnel fédéral et de ses actes normatifs encore plus compromise. Dans ce contexte, la soudaineté du départ du chef de l’OFPER ne présage rien de bon. Autre élément des plus fâcheux pour garaNto et les autres associations du personnel fédéral : la direction des projets en question a été confiée au conseiller fédéral Blocher. À un magistrat qui n’a jamais caché son aversion pour la Berne fédérale et qui s’est toujours fait le héraut d’une administration plus svelte ! Là, le ministre des finances doit admettre le bien-fondé du reproche qui lui est fait d’avoir cédé rien de moins que les deux dossiers centraux mentionnés, laissant de la sorte son personnel en plan dans un moment aussi difficile. Aux yeux de garaNto, il est clair que ce projet doit être abordé sous l’égide de la concertation sociale et que les associations du personnel doivent être entendues avant toute étape décisive.

La peur se répand- Moment difficile ? Il faudrait en l’occurrence parler plutôt de drame. En effet, le personnel fédéral traverse actuellement une nouvelle phase de démantèlement sous les fourches caudines des programmes d’allégement 2004 et d’abandon de tâches : 5’000 postes – dont 450 dans la seule Administration fédérale des douanes (AFD) – doivent  passer à la trappe d’ici à 2010. À l’image de ce qui est arrivé au DDPS, nous risquons de nouveaux licenciements. La peur de perdre son emploi se propage de plus en plus dans les rangs du personnel fédéral. Sur le plan interne à la douane, les responsables de l’AFD ont déjà donné l’assurance à plusieurs reprises que les suppressions de postes se feraient sans licenciement.

Pingrerie- Dans le domaine des traitements aussi, la situation n’est pas meilleure. Depuis 1991, les « fédéraux » n’ont plus reçu d’augmentation de salaire en termes réels. Depuis lors, la Confédération ne s’est pas montrée spécialement généreuse au chapitre des mesures salariales annuelles. Ainsi, selon l’Office de la statistique, la rémunération du personnel fédéral est régulièrement inférieure de 0,5 % à 1 % à la moyenne de branches comparables comme la banque ou l’assurance. Retenue que le Parlement a récompensée, au cours de sa dernière session d’été, en amputant le budget du personnel à la rubrique salaire de 50 millions supplémentaires par an pour la période 2006 à 2008. Les modalités de la présente économie de 50 millions pour 2006 feront encore l’objet de pourparlers avec M. Merz en date du 1er décembre prochain. Pour garaNto, il est d’ores et déjà hors de question que cet objectif d’austérité budgétaire soit atteint par le biais de coupes frappant les composantes de la grille salariale en vigueur.

 

Référendum ? Et ces mois justement, nous assistons à la casse de la plus importante conquête sociale réalisée par les fédéraux durant les 25 dernières années, soit la retraite à la carte avec rente pleine à partir de 62 ans, point sur lequel vous avez été informés par le menu dans la dernière livraison de notre journal syndical sous le titre : Publica – une révision encore et toujours imbuvable. Nous tenons à souligner ici, une fois de plus, que si le Parlement devait approuver le projet de loi sur Publica dans sa version actuelle, il ne resterait plus alors pour garaNto, le SSP et l’APC, soit les organisations et syndicats regroupés au sein de la Communauté de négociation du personnel de la Confédération (CNPC),  qu’un référendum pour contrer une politique patronale aussi arbitraire. Déclaration réaffirmée vendredi 9 septembre à la conférence de presse organisée par la CNPC et qui a attiré de nombreux journalistes. (voir aussi encadré à la page …)

 

Que faire ? Résumons. Suppression de postes à grande échelle d’ici à 2010, diminution de salaire rampante (bonjour la suppression des indemnités pour prestations de services spéciales décrétée unilatéralement par la direction de l’AFD), insuffisance depuis des lustres des mesures salariales annuelles, caractère résolument antisocial de la révision totale de Publica et « réforme » qui s’en prend à la substance même de l’administration fédérale. Que faire ? Tout envoyer promener et se résigner ? Non, chères et chers collègues, parce que c’est exactement sur ce genre de réaction que spéculent les démolisseurs de l’État. Nous devons nous ressaisir et faire bloc. Nous avons démontré avec notre opération frontière du 31 mai dernier la capacité de lutte et de mobilisation animant garaNto. Telle est la voie que nous devrons suivre à l’avenir, de concert avec le SSP et l’APC. C’est non sans joie que j’apprends ces jours qu’ici ou là, au niveau local, la résistance commence à s’organiser. La prochaine échéance est le jeudi 1er décembre, jour où les associations du personnel fédéral négocieront avec M. Merz les mesures salariales pour 2006. Que se passera-t-il ce jour-là ? Le comité directeur de la CNPC en décidera à l’occasion de sa réunion d’octobre.

 

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Assemblée extraordinaire des gardes-frontière à Olten, MA 5 sept. 2017, 11h - 14h

Centre culturel Schützi à Olten (près de la piscine, 10 minutes à pied de la gare d’Olten): Contre l'augmentation de l'âge de la retraite à 65 ans! Discussion sur des mesures et actions contre la décision du Conseil fédéral. Garanto compte sur toi! Annoncez-vous à aQAHDwYpDggbCAcdBkcKAQ@nospam jusqu’au 16 août !

Kulturzentrum Schützi, Olten
Kulturzentrum Schützi, Olten

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