La sécurité est importante pour le bien-être et les places de travail

En septembre 2015, le conseiller national PLR Walter Müller (SG) a déposé une motion pour l’accroissement de la productivité et de l’efficacité de l’Administration fédérale des douanes et du Corps des gardes-frontière. Par la suite, cette motion a été reprise en tant que motion du groupe. On y demande des mesures de modernisation globales et sur l’établissement de l’effectif du Corps des gardes-frontière en fonction des risques existants, car la sécurité est une tâche majeure de l’État.

 

L’ancien producteur de légumes a remis son exploitation à ses fils et s’adonne aujourd’hui principalement à la politique. J’ai rencontré Monsieur Müller pour un entretien au Conseil national et je voulais en savoir davantage sur les motivations, mais aussi comment il entendait financer son projet.

 

Qu’est-ce qui vous a incité à déposer la motion ?

Il y a diverses raisons : je suis de la Vallée du Rhin (Rheintal) et j’habite à la frontière du Liechtenstein et de l’Autriche. Au cours d’une demi-journée, j’ai visité récemment avec M. Markus Kobler, commandant de la Région III, les postes-frontière de Schaanwald et de Diepoldsau, afin de déterminer ce qui fonctionne et quels sont les besoins du Corps des gardes-frontière (Cgfr).  J’ai constaté que les installations sont déficientes et désuètes, avant tout l’infrastructure et le domaine IT. En qualité de membre de la Commission de politique extérieure (CPE), j’ai visité le poste-frontière de Chiasso lorsque beaucoup de réfugiés entraient. Là également, nous avons constaté que les installations sont insuffisantes.  Comme membre de la Commission de la politique de sécurité (CPS), je m’occupe régulièrement du Cgfr. En outre, un entretien plus long a eu lieu avec Mme Eveline Gugger Bruckdorfer de l’AFD. Je suis parvenu à la conclusion que l’on trouve des déficits dans l’infrastructure, dans le domaine IT, dans les ressources en personnel du Cgfr et en particulier aussi dans le domaine de la formation.

 

Le Conseil fédéral vient de répondre. Êtes-vous satisfait de sa prise de position ?

Non. Je ne partage pas l’opinion du Conseil fédéral comme quoi les mesures engagées et planifiées peuvent être mises en œuvre, dès le moment où l’argent sera à disposition. On doit renforcer le Cgfr de manière substantielle. La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf elle-même a parlé récemment d’un besoin de 200 gardes-frontière supplémentaires dans le cadre de la nouvelle vague de réfugiés à la frontière orientale. Deux à trois ans s’écoulent jusqu’au moment où les nouvelles et nouveaux gardes-frontière soient recruté(e)s et pleinement aptes à être engagé(e)s. De ce fait, on doit mettre l’affaire maintenant sur les rails afin que nous soyons parés face aux défis à venir. En tant que politicien, je dois anticiper. Le Conseil fédéral vit quelque peu au jour le jour. Il faut dès lors la pression du Parlement.

 

Pour le groupe PLR, quel est le prix à payer pour la sécurité ?

La question est sans cesse posée Nous ne pouvons naturellement pas vivre au-dessus de nos moyens. Toutefois et pour le PLR, la sécurité est une tâche de l’État qui doit être remplie en priorité.

 

Dans votre esprit, comment placez-vous la priorité « Sécurité » ?

 

Il s’agit-là d’une relation complexe. Pour moi, s’applique le principe que la sécurité est importante pour le bien-être et les places de travail. Si des entreprises ne se sentent pas sûres, elles  procéderont alors à moins d’investissements, des places de travail vont être perdues, on ne saurait guère en créer de nouvelles et, finalement, les dépenses sociales s’accroissent. En conséquence et pensé politiquement à long terme, cela veut dire : « Créer du bien-être grâce à la sécurité ». La sécurité constitue un facteur central pour la prospérité économique. Ou, autrement dit : ce que nous investissons à temps dans la sécurité, nous l’économisons de façon répétée à une autre place.

 

Dans le cadre du programme de stabilisation lancé récemment par le Conseil fédéral, on exclut de manière explicite une suppression de postes auprès du Cgfr. Pour cela, 53 postes doivent être supprimés à la douane civile. Comment voyez-vous le problème de la sécurité auprès de la douane civile ?

 

Auprès de la douane civile, un aspect de la sécurité existe également. Des produits illégaux ne devraient tout simplement pas pouvoir être renvoyés par-delà la frontière.   La douane civile doit veiller également avant tout à ce que le dédouanement s’effectue de manière expéditive, ce qui est particulièrement important pour l’économie. C’est pourquoi nous demandons un meilleur équipement, particulièrement dans le domaine IT. Je me suis moins occupé de la question du personnel. Je sais simplement que la fermeture de bureaux de douane peut générer des inconvénients lourds de conséquences pour l’économie et ça, j’aimerais l’éviter. C’est valable aussi pour le bureau de douane de Buchs SG, dans ma région.

 

Au cas où votre motion serait transmise, on devrait attribuer à l’AFD davantage de moyens financiers afin de pouvoir construire, par exemple, un nouveau centre de formation prévu à Interlaken. Ces plans d’extension dormiraient  aussi longtemps dans les tiroirs.  Qu’en est-il du soutien de votre motion par d’autres groupes et membres du Parlement ?

 

Je suis au courant des plans d’extension. Comme on l’a dit, il s’agit là d’une question de fixation des priorités. Si l’on parvient à estimer que la sécurité est d’une importance centrale pour le pays et l’économie, on devra dès lors mettre l’argent à disposition, nonobstant aussi l’opposition de politiciens de la finance.

 

Margret Kiener Nellen demande par année 100 postes de plus pour le Cgfr. Soutiendrez-vous cette proposition de minorité lors des délibérations sur le budget ?

 

Cela n’est purement et simplement pas possible à partir de l’année prochaine. Les gens doivent tout d’abord être recrutés. J’attends toutefois de la part du Conseil fédéral un plan pour savoir comment il entend mettre en adéquation le financement et la nécessité exprimée maintes fois publiquement d’une augmentation de l’effectif du personnel du Cgfr.

 

Heidi Rebsamen, secrétaire central de Garanto (début décembre 2015)


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