Le Conseil fédéral ménage les très hauts revenus

23.09.2010

Révision de la loi sur l’assurance-chômage : votation du 26 septembre

 

La révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI) mérite purement et simplement de faire naufrage le 26 septembre prochain. Le financement de cette assurance est injuste et les baisses de ses prestations seraient douloureuses.

 

Les réactions de la population au référendum lancé contre la révision de la LACI montrent avant tout une chose : les gens ne comprennent pas que les profiteurs et les gros salaires, comme Messieurs Brady Dougan et Daniel Vasella, ne paient que 2520 francs par an de cotisations à l’assurance-chômage, alors que ce sont eux, les profiteurs de ces dernières années. Des profiteurs qui ont même détruit des emplois aux dépens de la communauté, au lieu d’en créer.

La proposition d’assainir cette assurance en déplafonnant les cotisations – aujourd’hui perçues jusqu’à 126 000 francs seulement – est très bien accueillie dans la population. Qui plus est : la coprésidente du comité en faveur du « oui », la conseillère aux États Verena Diener, se demande tout à coup s’il ne faudrait pas faire plus cotiser les hauts revenus. Car de nouveaux calculs ont fait apparaître que si des cotisations étaient payées sur la totalité des salaires – comme pour l’AVS ou l’AI –, les recettes supplémentaires correspondraient pratiquement aux économies prévues avec le démantèlement des prestations. Lors des débats parlementaires, les représentants des syndicats et la gauche ont exigé, mais en vain, cette participation plus marquée des hauts revenus au financement de l’assurance-chômage.

C’est tricher sur la marchandise que de prétendre que le pour-cent de solidarité comblerait cette différence. Ce pour-cent ne sera perçu que sur les parts de salaire se situant entre 126 000 et 315 000 francs. Et sur une période limitée dans le temps, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’assurance-chômage se soit désendettée. Les conséquences du démantèlement des prestations sont précisément minimisées.

Or, elles seront dures, comme le montre l’exemple de l’installateur sanitaire marié dont les enfants sont sortis du nid : de son salaire mensuel de 5000 francs, il tombera, le premier mois, à 1900 francs d’indemnités journalières de chômage. Comment un ménage pourrait-il supporter pareille baisse ? Les indemnités journalières seraient sans doute presque totalement mangées par le loyer et les primes des caisses-maladie.

Des personnes touchées seront donc contraintes de demander l’aide sociale, alors que, des années durant, elles ont payé des dizaines de milliers de francs de cotisations à l’assurance-chômage. Même le Secrétariat d’État à l’économie le reconnaît. Il table sur des dépenses supplémentaires d’aide sociale à hauteur de 100 millions de francs.

En résumé, le Conseil fédéral mène la population par le bout du nez lorsqu’il prétend qu’il est nécessaire de démanteler l’assurance-chômage et que son projet est équilibré. Il a, de fait, sciemment renoncé à faire plus participer les très hauts revenus à l’assainissement de cette assurance. Au contraire, il n’a, une fois de plus, demandé que le minimum à ces derniers et le démantèlement annoncé se fera aux dépens des bas et moyens revenus, ceux et celles qui souffrent plus fréquemment que les autres du chômage.

Peter Lauener, USS/fq

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