Qui n’est pas banquier s’en va les mains vides !

27.09.2010

M. Merz biffe la prime de prestations

 

Le comité central de garaNto est scandalisé par le fait que le personnel douanier et garde-frontière ne recevra pas de prime de prestations en 2010. Cette mésaventure est à mettre sur le compte du mandat d’économies imposé par le parlement et de l’entêtement du ministre des finances, qui accorde plus de poids à l’austérité budgétaire qu’aux droits du personnel !

André Eicher, secrétaire central

L’Administration fédérale des douanes (AFD) doit appliquer les directives découlant du programme de consolidation budgétaire et réduire les dépenses de personnel en 2010 de 1 %. Mais ce n’est pas tout : le chef du Département des finances a chargé l’administration des douanes d’abaisser le plus rapidement possible son sureffectif conjoncturel. Cela étant, l’AFD se retrouve dans une situation sans issue: les crédits de personnel sont insuffisants, et elle ne peut pleinement mettre en œuvre lesdites directives, même au prix de restrictions budgétaires draconiennes. Résultat des courses : il manquera cette année les trois millions de francs destinés à l’octroi des primes de prestations.

Le locataire du Bernerhof, lui, reste de marbre. Il interdit à l’AFD de payer à son personnel les primes au mérite en 2010. Peu lui chaut de punir ainsi de façon injustifiée des agents qui encaissent 23 milliards de francs par année pour le compte de la Confédération et génèrent de la sécurité dans les domaines centraux de la vie. Cette décision, de surcroît, viole la loi sur le personnel de la Confédération (LPers), qui prévoit des primes visant à récompenser les bonnes prestations. Elle revient, de fait, à déclarer sans effet le système d’évaluation actuellement en vigueur.

Que ce travail de sape ne soit pas parachevé par des licenciements, nous le devons au directeur général des douanes. M. Dietrich, en effet, a déjà exclu tout recours à des licenciements au début de 2010, comme il l’a fait dans les années précédentes lorsque l’AFD devait éliminer 420 postes. D’où la vive reconnaissance que lui témoigne le comité central.

L’AFD s’est trouvée prise dans cette situation difficile sans qu’il y ait de sa faute. Le Conseil fédéral et le parlement doivent en convenir. Dès le 27 mai dernier, à l’occasion des discussions salariales, garaNto a fait remarquer la chose à M. Merz, en le pressant d’exonérer l’AFD de ces mesures d’austérité dans le secteur du personnel et de soumettre une proposition correspondante au parlement.

Le parlement et le Conseil fédéral doivent, enfin, abandonner leur politique hostile au personnel. La suppression de la prime de  prestations au niveau de l’AFD confère à cette politique une dimension nouvelle : même les bonnes prestations ne comptent plus. Ce qui est plus choquant encore, c’est quand la Confédération ne rétribue plus financièrement un travail de qualité alors que la grande industrie gave ses cadres de bonus indécents. Une telle contradiction est inexplicable, inadmissible. Aujourd’hui, le Conseil fédéral et le parlement perdent les cœurs du personnel douanier et garde-frontière, demain, il se peut qu’ils perdent sa loyauté.

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