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Santé et sécurité

Il souffle un vent nouveau: l’OFDF tient compte des préoccupations sécuritaires des associations

Ces derniers jours et semaines, le vent a tourné et provoqué un changement de cap extrêmement bienvenu à nos yeux. L’OFDF prend enfin au sérieux les associations du personnel. C’est probablement dû à la nouvelle cheffe du département Karin Keller-Sutter, qui a entendu nos objections. Mandaté par le DFF, l’ancien Conseiller d’État argovien Urs Hofmann est désormais un médiateur à l’œuvre ayant soigneusement évalué nos objections.

Dans notre argumentation sur le projet de règles d’engagement à 360°, nous avons mis en doute la légalité de l’utilisation des armes à feu. De plus, nous avons critiqué la formation insuffisante en matière de sécurité et d’armes dans ALLEGRA et chez les spécialistes. Le DFF a compris nos objections et a pris cette semaine quelques mesures en concertation avec l’OFDF et nous :

  • L’OFDF précise l’art. 232 de l’ordonnance sur les douanes et définit des règles claires pour les engagements à 360°. Incontestablement, l’armement est juridiquement possible lors de tels engagements selon l’art.228 de l’OD.
  • Organisation d’une table ronde sur la formation en matière de sécurité et d’armes à feu dans ALLEGRA et chez les spécialistes
  • Pour toutes les affaires concernant le personnel, les associations seront désormais consultées à temps.

Pour le personnel aussi, il a enfin valu la peine que garaNto élabore une argumentation détaillée et continue à défendre obstinément ses objections. Nous avons ainsi réussi une percée importante, qui garantit aussi à l’avenir la sécurité et la protection juridique sur le lieu de travail.

Mais nous savons également que nous sommes loin d’être au bout de nos peines. Les négociations difficiles continuent. Un grand merci à tous pour vos réactions, même critiques.

Le travail de nuit engendre des risques dans tous les domaines

Travailler la nuit ne convient à quasiment personne, et pas seulement pour des raisons de santé. Pourtant, près d’un cinquième des salari-e-és travaillent régulièrement de nuit, notamment dans le secteur de la santé, la police et les services de sécurité. Le psychisme en souffre, tout comme la vie sociale, et parfois aussi la carrière professionnelle. Entretien avec le chercheur sur le sommeil Martin Meyer.

À Bâle, le Centre de chronobiologie rattaché aux cliniques psychiatriques universitaires est l’un des principaux centres mondiaux de recherche sur le sommeil. Cette discipline n’étudie pas seulement les troubles du sommeil, mais aussi l’horloge interne qui rythme le sommeil et la plupart des processus métaboliques.

Le sommeil est principalement régulé par deux facteurs: la fatigue diurne – combien de temps on reste éveillé – et l’horloge interne (dans le jargon technique, le rythme circadien). Selon cette horloge interne, le cerveau déclenche en secrétant des hormones le sommeil le soir et le réveil le matin. Travailler de nuit représente donc un défi particulier pour l’être humain, qui doit alors faire exactement le contraire de ce que son cerveau ordonne.

Chronobiologiste, le docteur Martin Meyer, nous a éclairés sur les problèmes, les défis, les stratégies et les mesures à prendre dans le cadre d’un travail de nuit.

Docteur Meyer, les hôpitaux travaillent eux aussi 24 heures sur 24. Comment les établissements médicaux le gèrent-ils?

Chaque médecin assistant qui travaille en équipe fait l’objet d’un contrôle de santé permanent, en particulier les personnes souffrant de diabète, d’hypertension et de surpoids, et les personnes plus âgées. Ces facteurs de risque, pénibles pour le travail par quarts, sont pris en compte dans l’évaluation. En particulier les personnes de plus de 50 ans ont certes plus d’expérience de la vie et savent où sont leurs limites, mais elles s’adaptent moins bien au travail de nuit. Elles dorment moins bien et moins souvent de jour, et récupèrent donc moins bien d’un travail de nuit. Nous recommandons de ne plus faire de travail de nuit à partir de 50 ans.

Quels sont les facteurs externes à prendre en compte?

Un trajet plus long pour se rendre au travail, une deuxième profession, des obligations privées et sociales constituent une charge particulière et déterminent en partie l’aptitude des médecins assistants à travailler de nuit.

Quels effets secondaires typiques constate-t-on pendant la journée chez les personnes travaillant de nuit?

Les effets secondaires sont très individuels. Quand on dort le jour, on est plus fatigué, plus irritable, on a de mal à se concentrer, on a plus souvent des maux de tête et des troubles de l’appétit que d’habitude, ce sont les observations de la médecine du sommeil. Les conséquences sont souvent le manque de motivation et la dépression, la consommation de somnifères et d’alcool, l’obésité. En outre, certaines personnes souffrent de stress social, car leur vie sociale est affectée par le travail de nuit. Le travail du week-end et pendant les jours fériés complique encore la situation.

Y a-t-il des maladies plus fréquentes chez les personnes travaillant de nuit?

Il y a davantage de cas de cancer, en particulier de cancer du sein, d’obésité, d’hypertension, de diabète et de démence. Mais aucune étude n’a prouvé jusqu’ici une causalité, c’est-à-dire un lien expliqué.

Quels sont les risques professionnels auxquels il faut s’attendre pendant un travail de nuit?

La mémoire, la concentration  sont réduits, le pire étant entre 4 et 6 heures du matin. C’est pendant ces deux heures que la plupart des catastrophes arrivent. Les erreurs et mauvaises décisions se multiplient. Il serait plus sage de fixer le changement d’équipe à 4 heures au lieu de 6 heures. Le retour à la maison aussi constitue un danger.

Qu’est-ce que l’employeur devrait enseigner aux personnes travaillant de nuit?

Qui rentre à la maison après un travail de nuit doit clairement savoir que le risque d’accident croît en raison de la somnolence et de l’inattention. Ce risque augmente avec l’âge. Nous recommandons de faire une sieste avant de partir, surtout si le trajet de retour est long. À cause de la monotonie, une heure de conduite sur autoroute, c’est le pire. Je recommanderais aussi: formez votre personnel pour qu’il comprenne bien qu’il n’est pas toujours fonctionnel en travaillant la nuit. C’est une période exigeant une protection particulière, car il y a plus d’erreurs et plus de prises de risques. Plus on est fatigué, plus on est impulsif. On ne change pas sa boussole morale, mais on fait des erreurs, on prend de mauvaises décisions, une sorte de diminution de la capacité de décision. De plus, il est beaucoup plus fréquent de ne pas remarquer ses propres erreurs, l’autoévaluation est très peu critique. Dans les hôpitaux, des procédures standards spéciales existent pour la nuit: chaque action doit être contrôlée et il faut s’en tenir strictement au protocole.

Quid de la conscience professionnelle et de la ponctualité?

Les personnes travaillant par quart sont en général très ponctuelles et consciencieuses. Qui n’arrive pas au travail à 6 heures mais seulement à 8 heures se rend très impopulaire au sein de l’équipe. La ponctualité n’est en principe jamais un problème.

Quelles sont les astuces permettant de bien préparer le travail de nuit?

La veille du travail, c’est une aide de boire du café, ingérer de la caféine. Si le protocole le permet, il faut aussi s’accorder une «turbo sieste» pendant la nuit. Sinon, il faut rester actif en permanence pour que le corps ne ralentisse pas. Nous recommandons de faire des pauses actives, c’est-à-dire de bouger régulièrement au grand air et se libérer la tête. C’est ainsi que se dépassent les crises.

Comment jugez-vous la situation du personnel plus âgé quand il est confronté pour la première fois dans sa viel professionnelle au travail de nuit?

Pour lui, le travail de nuit représente un changement gigantesque. Non seulement pour sa santé, mais aussi pour tout son entourage. Le Suisse moyen vit en couple, a des obligations privées, des amis. Tout cela disparaît. C’est un énorme changement du rythme de vie - pour tout le système social. Les thérapeutes disent que la phase de transition dure généralement plusieurs mois. C’est un processus impossible à parcourir en quelques jours.

Quel emploi du temps recommanderiez-vous la journée avant le travail de nuit?

Les personnes travaillant de 5h à 12h qui commencent ensuite à travailler de nuit dès 22h sont confrontées à une difficulté: en mangeant à midi après le travail, elles ont du mal à dormir ensuite. Mais il serait important de dormir de 13 à 16 heures par exemple. Avant le travail de nuit, il devrait y avoir un souper et, si possible aussi une «turbo sieste». Par contre, les personnes travaillant plusieurs nuits de suite devraient décaler leur emploi du temps, notamment le sommeil et les heures de repas, en fonction des heures de travail. Cela signifie «dîner» au milieu du travail et ne se coucher qu’en fin de matinée, mais dormir plus longtemps.

Quelle est la meilleure façon de récupérer du travail de nuit pour un bon retour à la normale?

Je recommande une activité physique légère plutôt que de rester allongé, comme la marche, le vélo ou le jardinage; entretenir des contacts sociaux, manger régulièrement, se détendre. Il est important de passer du temps à l’extérieur pour se laisser à nouveau guider par la lumière et soutenir son horloge interne.

Quels sont les signaux d’alarme typiques indiquant que la personne souffre du travail de nuit?

La fatigue, les troubles du sommeil, l’insomnie, l’augmentation de la consommation d’alcool, l’irritabilité, le manque d’énergie, la tendance dépressive et l’évitement des contacts sociaux.

Une attitude positive est-elle importante pour mieux gérer le travail de nuit?

Une attitude fondamentalement positive vis-à-vis de la nuit aide certainement. Souvent, la motivation est monétaire, car le travail de nuit est mieux rémunéré. C’est important et juste, mais en même temps cela incite à travailler davantage la nuit, ce qui peut aussi mal tourner. La surveillance de la santé est donc importante, par un médecin spécialement formé à cet effet et qui peut dire de manière concluante que le travail en équipe n’est plus indiqué pour la personne. Il est important de ne pas avoir de désavantages professionnels pour le personnel lorsqu’un médecin dit que le travail de nuit n’est plus supportable pour quelqu’un.

L’armement est un défi permanent à tous les niveaux

La question des armes est délicate sur le plan personnel et accompagnée d’exigences envers le personnel, les tâches et l’employeur. Quelles questions faut-il se poser avant d’armer des employé-e-s? Nous avons envoyé à Markus Mohler le cahier des charges d’un spécialiste civil de douane moyen, en lui demandant si et comment cette personne serait adaptée aux tâches de police et aux armes à feu.

Monsieur Mohler, estimez-vous possible de reconvertir des spécialistes de douane actuels pour des tâches de police?

A mon avis, il ne s’agit pas d’une reconversion, mais d’une formation complémentaire très exigeante liée à certaines conditions, prenant des mois. Il faut une formation approfondie en droit: droit constitutionnel, droits fondamentaux, principe de proportionnalité dans les situations difficiles, lois spécifiques (dispositions sur les armes à feu, Code pénal), éthique. La formation doit répondre aux exigences des «Principes de base sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les fonctionnaires ayant des pouvoirs de police » du 14.12.1990 (résolution 45/120 de l’ONU ). Ces principes fondamentaux ont été déclarés contraignants par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) en 2013 pour tout l’espace CEDH. De même, la formation doit satisfaire au Code européen d’éthique de la police du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe du 19.9.2001 (cf. «Profession et droit de la police dans l’Etat de droit», 2020, Markus Mohler). Cela exige non seulement une formation théorique approfondie, mais aussi des exercices pratiques et des premières interventions sous un commandement très proche par des sous-officiers spécialement formés, sous différentes formes. Une formation tactique approfondie indispensable s’y ajoute, notamment pour éviter l’utilisation d’arme à feu.

«A mon avis, il est impossible de ‹reconvertir› une personne active jusqu’ici uniquement dans le domaine administratif à l’utilisation d’armes à feu»
De nombreux spécialistes de douane savent qu’en refusant l’arme, ils perdent leur emploi habituel. Que pensez-vous de ce contexte pour décider s’ils doivent s’armer?

L’armement ou l’utilisation d’armes à feu implique des exigences en matière d’aptitude individuelle, aujourd’hui attendues de la part du personnel du Cgfr. Il est à mon avis impossible de «reconvertir» à l’utilisation d’armes à feu une personne active jusqu’ici uniquement dans le domaine administratif, c’est-à-dire avec des tâches n’exigeant pas de prendre des décisions les plus délicates sur l’intégrité psychique et physique d’autrui en une fraction de seconde, sans prendre en compte les aptitudes individuelles (caractère, esprit de décision, résistance nerveuse, physique). Même chez celles qui ont réussi l’examen d’entrée dans la police, il apparaît régulièrement au cours de la formation qu’elles ne sont finalement pas aptes.

«Les cadres supérieurs portent également une responsabilité pénale»

Quels sont les risques?

De nombreux risques existent. Tout d’abord au niveau du département/OFDF: en cas d’utilisation illégale d’une arme à feu par du personnel insuffisamment formé, les cadres supérieurs portent également une responsabilité pénale. Au niveau individuel: l’utilisation d’une arme à feu juridiquement illégale ou incorrecte sur le plan tactique/technique. Ou au contraire: pas d’utilisation d’armes à feu, bien qu’elle soit indiquée ou indispensable, en raison d’un surmenage psychique. Ceci dit, même pour le personnel bien formé, toute utilisation d’arme à feu représente une charge psychique, au moins pendant un certain temps. En cas de blessures ou même d’homicide, des troubles post-traumatiques peuvent persister. Ça varie d’une personne à l’autre et dépend aussi de la manière dont elle a vécu l’événement: Qu’ai-je fait de faux, qu’ai-je fait de bien, était-ce évitable?

«Toute utilisation d’arme à feu est une charge psychique, même pour le personnel bien formé»

Si une personne ne porte pas volontiers l’arme, peut-elle être à l’aise avec un spray au poivre, une matraque et des menottes?

L’utilisation de ces moyens de contrainte doit aussi faire l’objet d’un apprentissage approfondi. Les exigences sont moins élevées que pour les armes à feu, puisqu’il s’agit de moyens non létaux. Mais mal utilisés, ils peuvent aussi être illégaux et/ou dangereux, avec la menace de procédures pénales.

Si vous étiez responsable du recrutement du personnel, quelles questions poseriez-vous à l’entretien d’embauche, avant de remettre une arme à feu aux nouveaux?

J’estime que ça ne peut pas être réglé lors d’un entretien d’embauche. Ça reviendrait à passer à côté des points essentiels. Il faut tout le processus d’un examen d’entrée au Cgfr, comme dans la police. Ce n’est pas sans raison que dans le secteur de la police, l’appellation «police» a été retirée aux anciennes polices communales dont le personnel ne remplissait pas les exigences de l’examen final après la formation policière de base (désormais de deux ans).

Quelles sont vos recommandations aux collaborateurs n’ayant pas fait l’armée pour des raisons éthiques?

Un emploi professionnel à des fonctions où ce personnel doit faire usage de la force, voire utiliser une arme à feu, me semble absurde.

A votre avis, quels cours et exercices de répétition sont nécessaires pour rester apte à l’utilisation d’armes?

Il faut des exercices de répétition pratiques. Il ne s’agit pas seulement d’aptitudes au tir: depuis longtemps, nous avons des exercices vidéo, des scènes de simulations de situations délicates. Ça permet aux membres de la police d’entraîner constamment la rapidité de leurs critères et processus décisionnels dans de telles situations.

L'AFD suggère la sécurité sans formation

Les problèmes soulevés dans notre lettre du 30 septembre ont été discutés pour la première fois avec le CD AFD à l’occasion de la conférence d’information de l’AFD avec les partenaires sociaux le 9 novembre.

Les membres du CD présents ne voient aucun problème. Ils s’appuient sur la pratique des corps de police où des policiers armés et des assistants et assistantes de sécurité policière non armés portaient le même uniforme et travaillaient ensemble au sein de la troupe. Garanto se sait soutenu par la FSFP, qui exige également une distinction claire.

Le président central Levrat a réaffirmé la position de Garanto: «Nous prenons acte de leur position. Mais en portant l’uniforme, vous suggérez à des tiers (police) et aux spécialistes de douane que toutes les personnes sont formées. Ils font ainsi croire à quelque chose qui n’est pas vrai». Garanto estime que l’AFD est clairement responsable si quelque chose se produit et sera toujours confrontée à cette situation car nous persistons dans nos revendications.

  • Le port de l’uniforme unique doit être reporté jusqu’à l’entrée en vigueur des bases légales. Jusqu’à nouvel ordre, l’article 91 al. 2 de la loi sur les douanes s’applique.
  • L’uniforme unique ne peut être porté que lorsque toutes les personnes le portant auront suivi une formation complète en matière de sécurité.
  • En outre, les règles 360° du chapitre Règles d’engagement P à la page 4 doivent être adaptées, de sorte que l’activité de contrôle dans le trafic des voyageurs ne puisse avoir lieu qu’une fois garanti que la personne à contrôler ne représente plus de danger.

Monsieur Bock, cessez de mettre en danger le personnel des douanes par négligence !

Cela fait des semaines que Garanto exige l’arrêt immédiat de l’expérience des tournées conjointes des gardes-frontière et du personnel des douanes.

Président central de Garanto, Christian Levrat soulignait le 1er mars déjà dans un communiqué de presse que le personnel des douanes ne dispose pas d’assez de matériel de protection, qu’il ne se sent pas suffisamment préparé au travail et craint les incidents. Les gardes-frontière aussi se sentent dépassés par la protection des collègues civils non-armés et sans formation suffisante en matière de sécurité.

Voix du personnel de l’AFD

Pour vérifier ce point de vue, la rédaction de Garanto a interrogé les gardes-frontière et le personnel des douanes dans toutes les régions linguistiques, et a reçu les réponses suivantes :

« L’utilisation du personnel des douanes pour le contrôle des personnes à la frontière n’apporte aucune valeur ajoutée, c’est un gaspillage de ressources »

« Le déploiement d’équipes conjointes de personnel du Cgfr et des douanes lors des contrôles de personnes n’est pas prévu par les contrats de travail. Il n’est pas non plus couvert par la structure organisationnelle de l’AFD selon la loi sur les douanes actuellement en vigueur. La question de savoir si ces déploiements ne sont pas illégaux fait actuellement l’objet d’un examen »

« Il n’y a eu qu’un cours d’une journée sur le comportement à adopter lors des contrôles, ce qui est absolument insuffisant »

« Quatre heures de formation à la sécurité, c’est absolument ridicule. Ce n’est pas pour rien que les gardes-frontière suivent une formation de plusieurs années en matière de sécurité. Les déploiements mixtes mettent en danger la vie des collègues armés et non armés »

« Les gilets pare-balles et anti-couteaux n’ont été distribués que fin 2020 et au comptegouttes »

« L’offre globale de matériel a été insuffisante. Les gilets de protection ont dû être partagés à cause de leur nombre limité à disposition »

« Les échanges avec nos supérieurs sur les difficultés des contrôles conjoints ont été pratiquement inexistants pendant des mois »

« L’insécurité et la peur ont toujours été présentes lors des contrôles »

« Au départ, il était question que les collègues du Cgfr et des douanes travaillent toujours ensemble, mais dans les faits nous, les douaniers, étions seuls 90% du temps »

« Le personnel civil n’a pas été préparé à identifier des criminels à la frontière »

« Personne n’ose se plaindre des nouvelles réglementations, la peur et la résignation régnant au sein du personnel »

Prendre ses responsabilités, mettre fin à l’expérience !

Face à toutes ces expériences et commentaires, Garanto ne peut qu’en appeler au sens des responsabilités du CD-AFD : Monsieur Bock, cessez immédiatement ces expériences ! Ne commencez les contrôles conjoints que lorsque le personnel civil aura accompli une formation SIT comme les gardesfrontière.

 

 

Qualité de l’air: un nouveau défi pour Garanto

En février 2018, un contrôle de la qualité de l’air a été effectué sur la plateforme douanière de Bardonnex, principalement dans les guérites du trafic poids lourds ainsi qu’auprès du po Cgfr. Le résultat de ce contrôle est arrivé presque une année plus tard avec ce message : « La qualité de l’air est excellente. Aucune substance ou famille de substances détectées ne dépassent la moitié des seuils recommandés ». Note A+.

Mais de quoi parle-t-on ? Des collègues se sont interrogé(e)s quant à savoir quelles avaient été les substances analysées ? 

Réponse – les substances analysées sont :

  • Le monoxyde de carbone CO
  • Le dioxyde de carbone CO2
  • Composés organiques volatils COV
  • Aérosol PM10.

Je me suis alors adressé au Service immobilier afin de connaître le but de ce contrôle. La réponse fut « Suite aux travaux effectués au niveau de la ventilation des bâtiments, nous voulions savoir s’ils avaient ou pas contribué à une amélioration de la qualité de l’air. ». Je remercie le Service immobilier d’un tel contrôle. Je sais également que d’autres travaux sont prévus pour améliorer la situation.

Malheureusement, le résultat n’a été connu qu’après plus d’une année, et les substances analysées n’ont été communiquées qu’après une demande explicite. En informant directement les intéressé(e)s, à savoir le personnel, on aurait évité les rumeurs et les « on nous cache des choses ».

Je me demande quand un contrôle de la qualité de l’air concernant la pollution par le trafic routier à différentes périodes de l’année aura lieu? Et ceci pas uniquement au niveau de la route, mais également à l’intérieur des bureaux, d’autant plus que du dioxyde de carbone (CO2) et des particules fines (PM 10) ont été relevés.

Cependant, d’autres substances devraient également être prises en compte, comme les monoxydes d’azote (NO), le dioxyde d’azote (NO2), l’oxyde d’azote (NOx) ainsi que les particules fines (PM2,5 & PM1,0).

Comme le relève justement l’Office fédéral de l’environnement dans son info, il est prouvé que la pollution atmosphérique est à l’origine de maladies et de décès prématurés et que les personnes les plus touchées sont celles qui vivent à proximité d’axes routiers très fréquentés. La pollution de l’air provoque 2'200 décès prématurés par an en Suisse. Certes nous ne vivons pas tous aux abords d’axes routiers très fréquentés, mais certain(e)s agent(e)s de la douane ou membres du Cgfr effectuent plus du tiers de leurs journées de travail au bord de ces axes.

Obligatoire Gilet pare-balles

Lors de l’assemblée de délégueés en mai les délégués ont adopté la proposition de la section rhin de s’opposer à l’obligation de porter des gilets pare- balles. C’est pourquoi garaNto a rencontré M. Noth et M. Weissleder début décembre.

Nous ne remettons pas en question l’utilité du gilet, mais le port en permanence de ce dernier, ainsi que l’interprétation de l’ordre venu de la direction, pouvaient créer de l’incompréhension, voire des frictions entre agents et supérieurs dans les régions.

Malgré les 1h30 de discussion, nous n’avons pas trop avancé sur ce sujet brûlant.

Bon sens

Le port du gilet pare-balles connaît des exceptions dans le cadre du « bon sens ». C’est le cas, par exemple, lors de la pause, lors de service de caisse ou lors de travaux administratifs. Un allègement n’est cependant pas pris en considération lors de problèmes de santé. Dans de tels cas, l’agent doit avertir son chef d’engagement ; ce dernier engage alors sa responsabilité. Selon l’AFD, l’agent malade ou blessé ne devrait pas être en contact avec le public. La chose est facile à dire, mais moins facile à appliquer dans la pratique. L’AFD ne souhaite pas communiquer sur ce sujet et laisse le soin à garaNto d’informer le personnel.

De nombreuses questions se posent.

Problèmes de dos

Les problèmes de dos (le mal du siècle) sont fréquents. Que faire des collègues qui souffrent de manière chronique en ayant des scolioses ou autres hernies discales par exemple ? Nous n’avons pas de recul sur les conséquences du port prolongé du gilet pare-balles sur la santé. Si l’on se base sur les effets provoqués par la surcharge de poids occasionnée par le port du gilet pare-balles (un gilet pare-balles pèse environ 7 kg), le risque de souffrir d’une maladie articulaire est multiplié par 4.

De plus, pour l’homo sapiens sapiens 1.0, le vieillissement est toujours à prendre en considération. A ce niveau-là, pas de douane 4.0, même si les progrès de la médecine nous permettent de compter sur de nombreuses prothèses comme celle du col du fémur et sur la traditionnelle opération du dos.

La réponse de l’AFD dans ce cas est : « il faut muscler le dos » ! Pas facile Selon M. Weissleder, des solutions individuelles sont recherchées pour les cas chroniques. Il n'y a pas de disposition de licenciement à cet égard. Mais alors que faire de l’agent ? Cette situation reste très floue.

Chaleur intense

La chaleur est aussi à prendre en compte. Les agents travaillent, pour la plupart, en plein air avec une climatisation 1.0. Nous avons informé l’AFD que le SECO avait édicté des recommandations en cas de fortes chaleurs et qu’il serait judicieux de s’en inspirer : https://www.seco.admin.ch/seco/fr/home/Publikationen_Dienstleistungen/Publikationen_und_Formulare/Arbeit/Arbeitsbedingungen/Merkblatter_und_Checklisten/arbeit-bei-hitze-im-freien----vorsicht-.html.

Cependant, M. Noth ne souhaite pas de prescriptions analogues ni des exceptions.

Ce n'est qu'un début

Cette discussion n’est qu’un début. Tous les problèmes liés au port prolongé du gilet pare-balles ne sont pas encore clairement mis en évidence.

Garanto fera le nécessaire afin d’adapter les prescriptions de service et préserver les emplois des collègues.