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Politique du personnel de la confédération

Revendications salariales 2023

Garanto et les autres associations du personnel de la Confédération ont déposé leurs revendications salariales 2023 chez le Conseiller fédéral Ueli Maurer.

 

Une première discussion a déjà eu lieu le 31 janvier. Garanto a demandé une augmentation du salaire réel et la pleine compensation du renchérissement pour 2023. Nous avons argumenté que le besoin de rattrapage existe, les associations du personnel ayant délibérément renoncé à des revendications au niveau du salaire réel ces deux dernières années. Une augmentation du salaire réel constitue aussi un signe d’estime envers le personnel de la Confédération et de l’OFDF, qui a relevé avec motivation les défis posés par la pandémie ces deux dernières années.

Le Parlement fédéral veut-il vraiment enterrer le partenariat social ?

Les syndicats du personnel fédéral, dans une démarche que Mme Keller-Sutter a elle-même qualifiée de constructive, avaient négocié avec le Conseil fédéral, pour 2026, une augmentation de salaire de 0,5% en compensation du renchérissement.

 

Ce n'était pas la lune.

Résultat ? Le Conseil des États a accordé... 0%. Aujourd'hui, à une majorité de 121 voix contre 66 et 5 abstentions, le Conseil national n'a accordé qu'une augmentation de 0,1%.

L'enjeu ? Un peu moins de 34 millions sur un budget de 90... milliards.

On parle entre autres (pensons aux personnels de l’OFDF) d'employés fidèles qui, pour certains, alors qu’ils subissent les pénibles incertitudes d’une restructuration tout aussi pénible de l’OFDF, risquent leur vie tous les jours et toutes les nuits, à nos frontières. Pour la sécurité des citoyens de ce pays… et de leurs élus. Mais aussi (on semble l’oublier au Palais fédéral) pour encaisser des droits de douane à hauteur de 23 milliards. On parle aussi de celles et ceux qui, en perspective du G7 d’Évian en juin 2026, se préparent à renoncer à leurs congés et à leurs vacances.

Le Parlement fédéral est-il vraiment prêt à enterrer ce qu'on appelle le partenariat social, un terme qui semble aujourd’hui devenu vide de sens ? Mesure-t-il bien les conséquences des décisions prises à ce jour pour 2026 ?

Se trouvera-t-il maintenant, au Conseil des États, des élus pour demander qu'on en revienne à ce qui a été négocié - et soutenu par le Conseil fédéral ?

Employées, employés de l’OFDF, prenez votre téléphone. Maintenant. Appelez tous les conseillers aux États et conseillers nationaux que vous connaissez. Expliquez-leur les réalités de votre travail. Et parlez-leur des prochaines élections…

Envoyez ce message aussi à vos collègues qui ne sont pas encore membres de Garanto, afin de les motiver à rejoindre notre syndicat: ensemble, nous renforcerons notre puissance collective et serons encore plus forts face au pouvoir politique.

Négociations salariales de la Confédération : accord sur une compensation du renchérissement de 0,5 %, mais...

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Les associations du personnel et la présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter sont parvenues à un accord lors des négociations salariales d'aujourd'hui : la compensation du renchérissement pour le personnel fédéral doit être de 0,5 %. Les propositions de réduction émanant des commissions des finances suscitent toutefois l'irritation des associations du personnel. Celles-ci demandent au Parlement de respecter le résultat des négociations.

Une augmentation salariale de 0,5 % n'est pas un résultat exceptionnel. Elle permet de compenser l'inflation sur les salaires – selon les prévisions actuelles, l'inflation annuelle sera de 0,2 % en 2025 –, mais guère plus. Elle ne permet donc que de réduire légèrement le solde accumulé au cours des années précédentes. De plus, selon son enquête sur les salaires, l'UBS prévoit des augmentations salariales de 1,0 % pour 2026 dans le secteur privé.

Le « programme d’allègement budgétaire 2027 » (PA27) entraîne déjà une détérioration substantielle des conditions d'engagement du personnel fédéral. Le résultat des négociations est également directement lié au PA27 : les associations du personnel ont accepté une réduction des mesures salariales de 1,0 à 0,5 % afin d'éviter des réductions plus importantes des conditions d'engagement.

Les associations du personnel sont donc irritées par les propositions des deux commissions des finances qui veulent réduire les moyens destinés à la compensation du renchérissement.  Le Parlement méprise ainsi le partenariat social au sein de l'administration fédérale et remet massivement en cause le résultat des négociations entre les associations et le Conseil fédéral. Les associations appellent donc le Parlement à respecter le résultat des négociations et à suivre la proposition du Conseil fédéral (compensation du renchérissement de 0,5 %).

Stop au démantèlement. Un appel pour le personnel fédéral et le service public

Trop, c’est trop ! Nous lançons un appel au Conseil fédéral pour le personnel fédéral et le service public. Le personnel en a assez des attaques incessantes et insidieuses contre ses conditions de travail et, indirectement, contre son travail et contre le service public. La qualité des prestations de l'administration fédérale, mais aussi l'attractivité de la Confédération en tant qu'employeur, sont en jeu.

Une série de mesures d'économie, notamment dans les domaines de la recherche, des études scientifiques, dans des programmes et des tâches liés à la prévention ou aux statistiques, touchent des groupes de population vulnérables. Des projets et des acteur·rice·s important·e·s sont concerné·e·s par ce train de mesures d'économie, qui entraîne des suppressions de postes de travail, non seulement dans l’administration fédérale, dans le domaine des EPF ou dans les entreprises fédérales, mais également dans les institutions qui offrent des services à la société civile.

Dans notre appel, nous demandons au Conseil fédéral :

  • de s’abstenir de toute nouvelle atteinte aux conditions d'emploi du personnel fédéral, qui paie déjà fortement le prix dans le cadre du programme d’allègement budgétaire 2027 et du nouveau système salarial ;
  • de s’opposer fermement aux attaques du Parlement contre le personnel fédéral (comme la motion 25.3974) et de défendre ainsi le fonctionnement du service public ; 
  • de procéder à une analyse des effets du nouveau système salarial, et en particulier du processus d'évaluation :  actuellement tous les détails du nouveau système salarial ne sont pas connus ;  
  • d’impliquer enfin le personnel dans les questions qui le concernent directement, dans le cadre d'une consultation.

Signez l’appel lancé par les associations de la Communauté d'intérêts du personnel de la Confédération et contribuez ainsi à faire pression pour faire cesser le démantèlement des conditions de travail du personnel fédéral et du service public.

Invitez vos collègues à signer l’appel.

Signez l’appel online ou scannez ce formulaire de signature dûment rempli et envoyez-le jusqu’au 31 janvier 2026 à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Vous pouvez également l'envoyer par courrier postal à l'adresse suivante : Association du personnel de la Confédération, Wabernstrasse 40, 3007 Berne.

Il est prévu de remettre l’appel lors de la rencontre avec la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter en février 2026. Nous vous informerons ultérieurement sur cette remise.

Programme d'allègement 27 – Jean-Luc Addor écrit une lettre à la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter

Le président central Jean-Luc Addor souhaite que les employés de l'OFDF soient exemptés des mesures d'économie prévues dans le programme d'allègement budgétaire 2027. Il critique le fait que les employés assermentés de l'OFDF, qui sont soumis à des conditions physiques difficiles, qui travaillent en horaires décalés et en équipe et sont exposés aux risques et dangers quotidiens, soient traités de la même manière que les autres employés administratifs. Il a écrit une lettre à la présidente de la Confédération et cheffe du DFF, Karin Keller-Sutter, pour lui exposer ses arguments.

Voici la lettre (aussi en PDF):

(Berne, le 9 septembre 2025)

Madame la Présidente de la Confédération,

Au nom de Garanto et en ma qualité de parlementaire fédéral, je souhaite attirer votre attention sur un point qui a suscité une vive opposition parmi nos membres, ainsi qu’au sein du comité central, dans le cadre des négociations relatives au paquet d’allègement 27. Il s’agit du principe, maintes fois évoqué, d’égalité de traitement entre les différents groupes de personnel de l’administration fédérale.

Ce principe, bien qu’en soi fondé, ne saurait être appliqué de manière uniforme à des professions aux réalités si distinctes. Il est en effet légitime de traiter de manière égale ce qui est comparable. Or, les spécialistes des douanes et de la sécurité des frontières (SDSF) constituent une catégorie professionnelle à part, dont les conditions de travail ne permettent pas une assimilation au personnel administratif ordinaire.

Je me permets de vous exposer ici les principales différences objectives qui justifient une prise en compte spécifique de cette profession dans le cadre des mesures d’économies envisagées :

  1. Travail en horaires décalés et en équipes
    Les SDSF assurent une présence permanente, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, tout au long de l’année. Les quarts de nuit, en particulier, sont éprouvants sur le plan tant physique que psychique. Ce mode de travail perturbe la vie familiale et sociale et devient de plus en plus difficile à supporter avec l’âge. La 7ème semaine de vacances pour les agents de plus de 60 ans constitue ainsi une mesure essentielle de préservation de la santé, qui répond à une nécessité concrète.
  2. Contraintes physiques importantes
    Ces agents exercent leur activité sur le terrain, souvent dans des conditions météorologiques difficiles, de jour comme de nuit, en uniforme, parfois avec gilet pare-balles et armes de service. Leur quotidien est fort éloigné d’un environnement de bureau : il s’agit d’un travail exigeant, souvent confronté à des situations délicates, voire risquées.
  3. Transformation numérique et surcharge de travail
    La réforme numérique en cours au sein de l’OFDF implique des adaptations majeures, en particulier pour les anciens spécialistes des douanes, qui doivent acquérir de nouvelles compétences, tout en se voyant promis à un reclassement salarial inférieur dès 2028. Par ailleurs, le personnel de terrain subit une surcharge de travail liée aux absences pour formation (Allegra), alors même que les ressources en personnel sont insuffisantes pour absorber ces changements.
  4. Spécificité d’une profession monopolistique
    Les SDSF – comme auparavant les douaniers ou les gardes-frontières – exercent une profession hautement spécialisée, pour laquelle la Confédération reste l’unique employeur. Cette situation crée une dépendance professionnelle forte, construite au fil d’années de formation et d’engagement. Elle justifie, de l’avis de nombreux agents, le maintien de la prime de fidélité comme contrepartie équitable. Elle accentue également l’impact négatif des mesures d’économies sur le deuxième pilier, dans la mesure où ces professionnels font souvent carrière au sein de la Confédération sur plusieurs décennies.

Les collaboratrices et collaborateurs de l’OFDF se distinguent par leur intégrité, leur sens des responsabilités, leur fierté professionnelle et une loyauté exceptionnelle envers leur employeur. Ils assument pleinement les contraintes particulières liées à leur métier, qu’il s’agisse du travail en équipe, des risques sur le terrain ou des exigences physiques. Ils prêtent serment sur la Constitution lors de leur entrée en fonction, ce qui souligne leur engagement de longue durée et leur sens du service public.

Dans ce contexte, les mesures transversales d’allègement – telles qu’envisagées actuellement – ne tiennent pas suffisamment compte de la spécificité de leur fonction ni de l’engagement professionnel qu’elle implique tout au long d’une carrière.

Sur la base des éléments rappelés ci-dessus, Garanto demande que la catégorie professionnelle des SDSF soit explicitement exclue des mesures d’économies prévues dans le cadre du paquet d’allègement 27.

Je vous remercie d’avance pour la bonne suite que vous voudrez bien donner à la présente et vous prie de croire, Madame la Présidente de la Confédération, à l’expression de ma haute considération.

Syndicat Garanto

Jean-Luc Addor
Président
Conseiller national

Il est temps de mettre un terme à la détérioration des conditions de travail du personnel

Suppression de postes, économies de plusieurs millions grâce au système salarial « optimisé » et, maintenant, coupes dans les congés, la prime de fidélité et la caisse de pensions. Les associations du personnel et les syndicats en ont assez de cette politique d'austérité absurde qui frappe le personnel fédéral.

 

Le Conseil fédéral entend économiser jusqu'à 100 millions de francs par an sur les conditions d’engagement du personnel. Les associations du personnel et les syndicats critiquent fortement ces mesures d'économie sur le personnel fédéral. Les réductions sont inutiles et causent plus de dommages que de bénéfices à l'ensemble de l'administration fédérale.

 

Lors d'une première phase de négociations en février 2025, les associations de la Communauté d'intérêts du personnel de la Confédération (CI Personnel de la Confédération) avaient accepté un compromis qui aurait permis de réaliser des économies annuelles de 65 millions de francs sur les conditions d'engagement du personnel fédéral. Ces économies se réalisent sur la compensation du renchérissement et les primes de prestations. Les négociations avec le Département fédéral des finances (DFF) sur la manière d'économiser les 35 millions de francs restants dans les conditions d’engagement à partir de 2027 ont toutefois échouéLe Conseil fédéral n'a accepté que quelques propositions de la CI Personnel de la Confédération et a décidé, contre la volonté des associations du personnel, la détérioration des conditions en matière de vacances, de prime d'ancienneté et de caisse de pensions. Seul dans le domaine de la prévoyance professionnelle subsiste une lueur d'espoir qu'une solution puisse être négociée afin de limiter les préjudices matériels pour le personnel.

 

Le nouveau système salarial coûtera cher à beaucoup d'employés actuels

En parallèle, le Conseil fédéral a publié, le 30 avril 2025, ses projets de modification du système salarial. Derrière le terme anodin d’« optimisation du système salarial » se cache un train de mesures d’économie qui se traduira par des détériorations significatives pour les employé·e·s, en particulier celles et ceux appartenant aux classes salariales inférieures et moyennes. Le futur salaire cible sera inférieur de dix points par rapport au maximum actuel. Pour les collaborateurs·trices qui n’ont pas encore atteint ce maximum, cela signifiera une baisse de revenu et, pour un grand nombre d’entre eux et elles, un gel de leur évolution salariale. À moins qu'ils n'occupent un poste de cadre supérieur·e, puisque pour ces dernier·e·s, le salaire cible est fixé au niveau du maximum actuel. Les cadres pourront donc continuer à gagner autant, voire plus qu'aujourd'hui, ce qui conduit de facto à une redistribution des bas salaires vers les cadres.

 

De plus, le système salarial « optimisé » permettrait, à long terme, de dégager un « potentiel d'allègement » total de 60 millions de francs. Cette redistribution et la réduction des salaires sont inacceptables pour les associations de la CI Personnel de la Confédération. L’Office fédéral du personnel (OFPER) refuse cependant, à ce jour, de négocier les modifications prévues du système salarial et de comptabiliser les économies réalisées sur les salaires dans le programme d’allègement budgétaire : un signal désastreux pour le partenariat social.

 

Ça suffit ! La CI Personnel de la Confédération réagira par des actions concrètes face à ces mesures d'économie absurdes et antisociales.

Les mesures d’économie pèsent sur toutes les parties concernées

La mise en place des mesures d’économie massives décidées par le Conseil fédéral sur le personnel de la Confédération est un énorme fardeau pour les associations de personnel et pour l’OFPER. Les deux parties négocient actuellement pour trouver les solutions les moins préjudiciables. On peut les retourner dans tous les sens, il ne reste pas assez de moyens pour accomplir les tâches.

 

Les deux parties, syndicats et OFPER, ont fait leur travail. Mais il est difficile de trouver des positions communes pour toutes les mesures. Ces mesures sont également liées les unes aux autres : si on économise moins sur A, il faut économiser plus sur B, C et D. Les syndicats, Garanto y compris, se battent pour éviter l’insupportable à leurs catégories de personnel particulièrement vulnérable. Sont soumises à une forte pression les catégories qui a) sont déjà sous pression en raison des processus actuels, et b) ont des conditions de travail difficiles.

 

Deux conditions que remplissent déjà aujourd’hui en particulier nos collaborateurs opératifs de l'OFDF. Garanto doit trouver des solutions contredisant en partie la directive du Conseil fédéral, qui demande des coupes budgétaires dans tous les départements et toutes les catégories de personnel, sans faire de distinction entre les groupes de personnel. Toutes les parties concernées devraient probablement apporter leur contribution : le Conseil fédéral, l’OFPER, l’OFDF, le parlement et les partenaires sociaux.

 

Au fond, qui sont les coupables ?

Ni le Conseil fédéral, ni l’OFPER ou l’OFDF, ni Garanto ou les autres associations de personnel ne sont responsables de toutes ces mesures d’économie. C’est la majorité du parlement qui a incité des adaptations en tel sens, et le Conseil fédéral a suivi. La seule « justice » dans toute cette affaire, c’est que la recherche de solutions est pénible pour toutes les parties. Sauf pour ladite majorité parlementaire.

 

En mars, l’OFPER et les associations de personnel ont discuté des mesures les moins douloureuses, avec quelques déceptions : il n’y a guère de potentiel d’économies « là où ça ne fait pas mal ». Pour des raisons de confidentialité des négociations, Garanto ne peut pas donner de détails pour le moment.

 

Le nouveau système salarial prévu joue-t-il un rôle ?

La situation est difficile, car aucun-e employé-e ne s’en sortira indemne, le personnel de la Confédération remercie le parlement… Garanto ne peut pas promettre de résultats concrets, mais exploitera toutes les possibilités pour limiter le plus possible les dégâts. Seule certitude : l’administration fédérale doit économiser 30 millions en 2026.

 

Un nouveau test de résistance menace : le Conseil fédéral a demandé la mise en place d’un nouveau système salarial pour remplacer le système actuel, qui est fiable. Les avis divergent quant à savoir si le nouveau système salarial doit ou non être pris en compte dans les réflexions sur ces mesures d’économie. Les deux projets sont complètement séparés sur le plan administratif, mais ils sont liés sur le plan politique. Garanto fournira prochainement des informations sur le nouveau système salarial et ses paramètres.

Conditions d'emploi du personnel fédéral : un compromis trouvé malgré des critiques fondamentales

Les associations du personnel et les syndicats approuvent un compromis sur la mise en œuvre des mesures d'économie concernant le personnel décidées par le Conseil fédéral. Les associations du personnel considèrent que la détérioration des conditions d'emploi est inappropriée et inutile. Les économies sur le dos du personnel et la frénésie d'économies dans les finances fédérales relèvent de la pure politique symbolique. Dans ce contexte, les associations du personnel et les syndicats ont dû mener d’âpres négociations avec le Département fédéral des finances lors de l'élaboration des mesures d'économie, afin de limiter, autant que possible, les dégâts pour le personnel et l'administration.

 

Les associations du personnel et les syndicats condamnent les plans d'économies sur le personnel fédéral. Cette décision est injustifiée et cause plus de tort que de bénéfices. Les mesures décidées par le Conseil fédéral pour les conditions d'emploi du personnel doivent permettre d'économiser jusqu'à 100 millions de francs en trois ans.


Ces mesures d'économie ne contribuent en aucun cas à une prétendue correction des dépenses salariales. Dire que le personnel fédéral est privilégié ou surpayé est un mythe ; l'étude de PricewaterhouseCoopers (PwC) (en allemand), publiée à l'automne 2024, conclut que les rémunérations globales de l'administration fédérale sont comparables à celles d'autres employeurs similaires.


Afin d'éviter des mesures excessives et antisociales et réduire au maximum la charge que le « programme d'allègement » fait peser sur le personnel fédéral, les associations ont réussi à négocier un compromis :

  • Pas de réduction des allocations familiales et du maintien du salaire en cas de maladie. Les variantes correspondantes ont pu être évitées
  • Réduction des mesures salariales générales, avec la possibilité d’une compensation modérée du renchérissement.
  • Pas de détérioration à court terme de la législation sur les contrats de travail en 2026, la mise en œuvre des points les plus critiques n'aura pas lieu avant 2027
  • Réduction à court terme des primes de performance

 

Priorités : ne pas économiser sur les classes inférieures

Les discussions sur les autres économies, à hauteur de 35 millions de francs dès 2027, se poursuivront dans les mois à venir. Elles porteront notamment sur les congés, les primes de fidélité et le plan de prévoyance des cadres dans la caisse de pension. Les associations du personnel de la CI Personnel fédéral (APC, transfair, garaNto et SSP) veilleront particulièrement à ce que les employé·e·s des classes salariales inférieures soient le moins impacté·e·s possible par ces mesures. La CI Personnel fédéral demande par ailleurs au Conseil fédéral de ne pas se contenter d'économiser sur le personnel, mais de revoir également ses propres rémunérations et prestations.

L'étude de PwC montre que les mesures d'économie du CF sont infondées

Enfin, une vérification des faits est disponible : la Communauté d'intérêts Personnel fédéral (CI) salue l'étude de PriceWaterhouseCoopers (PwC) comparative sur les salaires

"Les conditions d'emploi de l'administration fédérale par rapport aux secteurs public, semi-public et privé".

 

Les conclusions de l'étude de PwC sur les salaires le confirment : les rémunérations globales de l'administration fédérale sont comparables à celles du groupe de référence. L'étude se conclut par la remarque suivante : "En conclusion, les écarts observés entre les rémunérations totales des différentes fonctions de l'administration fédérale et celles du groupe de référence sont en principe compréhensibles, compte tenu de toutes les conditions d'emploi analysées dans le cadre de cette étude comparative". La prise de position de l’Institut de politique économique suisse (IWP), qui voulait ce printemps encore démontrer un Public Pay-Gap de 12 à 15%, doit donc être jetée à la poubelle.

 

Les conditions de travail à la Confédération sont bonnes, mais équilibrées par rapport à celles d'autres organisations et entreprises du secteur privé. Seules certaines fonctions sont mieux rémunérées à la Confédération que dans le groupe de référence. Selon l'étude, la différence de rémunération n'est toutefois pas significative, contrairement aux fonctions de cadres supérieur·e·s, par exemple, qui sont nettement moins bien rémunérées à la Confédération que dans le groupe de référence. Notons qu’il est important de tenir compte du fait que la Confédération, avec une semaine de 41,5 heures, se situe dans la tranche supérieure en termes de temps de travail. L'étude de PwC montre clairement que les attaques contre le personnel fédéral ne sont que des points sur la feuille de route politiquement motivée d'un Parlement à tendance bourgeoise. Ces attaques, qui se sont appuyées ces derniers mois sur la position de l'institut IWP, sont désormais privées de toute base factuelle par l'étude comparative de PwC.

 

La volonté du Conseil fédéral d’économiser 100 millions précisément dans le domaine des rémunérations et des conditions de travail du personnel d'ici 2028, et le fait qu'il voie dans l'étude comparative de PwC une « certaine marge de manœuvre pour une “contribution du personnel fédéral” à l'allègement du budget », est donc totalement incompréhensible et dénuée de tout fondement.

 

Cette décision, sur la base des données disponibles, ne peut simplement pas être justifiée. Elle conduirait non seulement à un affaiblissement des conditions de travail du personnel fédéral et du bon fonctionnement de l'administration fédérale dans son ensemble, mais elle réduirait également significativement la compétitivité de l'administration fédérale sur le marché du travail. La CI Personnel fédéral demande donc au Conseil fédéral de revenir sur sa décision incompréhensible d'économiser au minimum 100 millions de francs sur les salaires et les conditions de travail. Un programme de démantelèment qui prévoit d'économiser au total 300 millions de francs dans le domaine propre est une menace pour des milliers d'emplois dans l'administration fédérale. Il ne peut pas être imposé sans consultation des personnes concernées. La CI Personnel fédéral demande donc au Conseil fédéral de charger l'Office fédéral du personnel (OFPER) d'organiser une telle consultation et de donner au personnel la possibilité de soumettre, au Conseil fédéral et à l'OFPER, des propositions alternatives d’économies.

Coupes budgétaires pour le personnel de la Confédération

Réuni autour de l’ancien Directeur de l’administration fédérale des finances Serge Gaillard, le groupe d’experts « Réexamen des tâches et des subventions » a publié son rapport le 5.9. Il y propose notamment des mesures sur le dos du personnel de la Confédération. Au final, 1300 postes devraient être supprimés et 60 millions économisés sur le crédit du personnel en 2026, 120 millions en 2027 et 180 millions en 2028. N’oublions pas que l’étude de Lucerne, qui estime que les salaires du personnel de la Confédération sont trop élevés et ne correspondent pas au marché, a exercé une forte influence sur cette partie du rapport. Nous ne nous laisserons pas faire ! En fait, le groupe d’experts a ainsi donné carte blanche au Conseil fédéral pour assainir les finances fédérales sur le dos du personnel.

 

Les aéroports de Genève et Bâle pourraient aussi connaître d’autres désagréments.

Le rapport s’attaque également au problème des aéroports de Genève et Bâle. On exige des cantons une indemnisation pour le travail fourni ou la reprise de la tâche. Cela devrait permettre d’économiser 22 mio. Cette proposition se fonde sur une recommandation du Contrôle fédéral des finances au DFF.

 

Garanto sait que des négociations ont lieu entre le département et les cantons et que l’OFDF s’engage pour le maintien des tâches déléguées dans les aéroports.

 

Audition exigée auprès de la CF Keller-Sutter

Du point de vue de la politique du personnel, le rapport est inquiétant. Avec ses propositions, le groupe d’experts s’immisce massivement dans les habitudes du partenariat social. Les président-e-s des associations du personnel de la Confédération demandent donc à être auditionnés par la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter.

 

Suite de la procédure

Les propositions du groupe d’experts sont maintenant examinées par le Conseil fédéral, qui élaborera un paquet de mesures mis en consultation à la fin de l’année. En 2025, les deux chambres du parlement devront prendre une décision. Garanto et les autres associations de personnel se défendront avec une prise de position. Nous tenterons aussi de convaincre les parlementaires qu’il y a déjà eu assez d’économies sur le dos du personnel de la Confédération.

Pleine compensation du renchérissement pour les salaires et les rentes

Ces dernières années, le pouvoir d’achat du personnel de l’OFDF ainsi que des retraité-e-s a nettement diminué. Le renchérissement, l’augmentation des loyers et des primes d’assurance maladie représentent une part jamais atteinte de leurs revenus, sans que les salaires et les rentes de la Confédération augmentent dans la même mesure.

 

Lire la résolution

Les associations du personnel demandent 4% de salaire en plus

Lors du premier tour des négociations salariales 2024, les associations du personnel ont justifié leur revendication salariale de 4%. Parallèlement, les objectifs en matière de politique du personnel et de partenariat social ont été convenus dans une déclaration d'intention commune.

 

Ces dernières années, les employé·e·s de la Confédération n'ont pas reçu la totalité de la compensation du renchérissement à cause de la situation financière difficile. Lors des négociations salariales d'aujourd'hui, les partenaires sociaux se sont mis d'accord sur le fait que ce retard ne devait pas continuer à s'accumuler. Dans la déclaration d'intention signée ce jour, il est dit à ce sujet : "On s'efforcera de compenser à moyen terme les restes de compensation du renchérissement".  

 

Un renchérissement de 1,9% est à attendre pour 2024. Le rattrapage du renchérissement des trois dernières années s'élève entre-temps à 1,5% (perte de pouvoir d'achat). En outre, une "marge de manœuvre pour les négociations des partenaires sociaux" doit faire partie des prochains cycles de négociations (comme cela a également été convenu dans la déclaration d'intention). Sur cette base, les associations du personnel APC, SSP, Transfair et Garanto demandent, ensemble, que 4% soient inscrits au budget pour les mesures salariales 2025.

 

Le deuxième tour des négociations salariales aura lieu le 3 juin : il s'agira de la dernière possibilité de corriger le budget 2025 avant qu'il ne soit adopté par le Conseil fédéral.